Ce lundi 29 juin, en Commission permanente, la Collectivité européenne d’Alsace (CEA) a débloqué une enveloppe facultative de 239 000 euros d’investissement dont environs 100 000 euros pour la mise aux normes d’accessibilité PMR (personnes à mobilité réduite) de deux collèges privés catholiques et très favorisés dont les IPS dépassent 125. Pour SUD éducation Alsace, cette décision n’est pas acceptable tant les collèges publics sont sous équipés en terme d’accès PMR.
Sur la période récente, des travaux ont été entrepris aux collèges du Ried à Bischheim, Leclerc à Schiltigheim, La Pierre Polie à Vendenheim ou encore Lezay Marnesia à Strasbourg. Toutefois, 24 collèges sur les 147 collèges publics dans l’académie et qui relèvent de la compétence de la CeA ne sont toujours pas équipés d’accès PMR. Ainsi, au collège Twinger (en REP avec une ULIS), les travaux annoncés en juin 2024 ont été suspendus par la CEA. Au collège Kléber à Strasbourg (plus de 60% d’élèves boursier·es et une ULIS), ces accès manquent aussi malgré les demandes répétées des personnels alors que le lycée du même nom, dont la Région Grand Est est propriétaire, et distant de quelques mètres, est lui, entièrement équipé. Au collège Hans Arp classé REP +, ces travaux ont été repoussés à 2030. Selon le décompte de la CEA elle même, parmi les 123 autres collèges tous ne sont pas entièrement aux normes PMR.
Le manque d’accessibilité ne fait que rajouter des difficultés aux difficultés sociales et scolaires et apparaît particulièrement injuste lorsque les personnels handicapés doivent se rendre sur leur lieu de travail et rendant la scolarisation des élèves handicapés compliquée voire impossible lorsque le collège de secteur n’est pas aux normes. Lorsque l’accueil se fait, c’est souvent au prix d’une lourde réorganisation des services et des locaux. Lorsque la réorganisation n’est pas possible, iels sont parfois amené·es à se rendre dans un autre établissement, générant stress, fatigue et risques psycho-sociaux.
Pourtant, la loi du 11 février 2005, posait les bases d’une société plus inclusive, reconnaissant les droits des personnes en situation de handicap en matière d’accessibilité, d’éducation et d’emploi. Cette loi laissait un délai de 10 ans aux propriétaires et exploitants d’établissements recevant du public pour réaliser des travaux de mise en accessibilité. La CeA avait obtenu, pour des raisons d’équilibre financier, un report de ses obligations de mise en accessibilité au 1er janvier 2028. En l’état actuel des choses, il est évident que l’objectif ne sera pas atteint malgré l’existence de dispositifs d’accompagnement tel le programme AD’Ap pour « Agenda d’accessibilité programmée » qui a vocation à venir en aide aux gestionnaires n’ayant pas atteint les objectifs assignés à la loi dans les délais prescrits. L’intégralité de ces programmes ont été gelés par la CeA, repoussant à 2030, au mieux, la mise en conformité des collèges.
Plus de 20 ans après la loi du 11 février 2005, force est de constater que la Collectivité européenne d’Alsace (CeA), ne respecte toujours pas ses obligations au sein des collèges publics dont elle est propriétaire. Selon l’adage bien connu, « gouverner, c’est prévoir », cette mise au norme n’a donc pas été planifiée alors que les moyens financiers sont présents, comme le prouve encore une fois la dotation facultative accordée aux collèges privés.
SUD éducation Alsace revendique :
– des travaux immédiats de mise aux normes d’accessibilité dans tous les collèges publics en Alsace !
– l’arrêt immédiat du financement des établissements privés, religieux ou non, par de l’argent public !
– la nationalisation sans contrepartie des établissements d’enseignement privés !
Dès le mois de septembre 2026, SUD éducation Alsace appellera les personnels à se mobiliser dans le cadre d’une campagne « pas d’égalité pas de rentrée » pour dénoncer les choix politiques validistes, et gagner la mise en place d’un véritable plan d’accessibilité dans tous les établissements, condition sinequanone de l’école inclusive.
