[SUD EDUCATION ALSACE] Face à la canicule : le ministère improvise, les hiérarchies s’enlisent et les personnels et les élèves subissent !

Le pays subit actuellement un épisode de canicule parmi les plus longs et les plus intenses depuis celle de 2003. C’est ainsi que 72 départements dont le Bas-Rhin et le Haut-Rhin sont placés en vigilance rouge ces jeudi 25 et vendredi 26 juin.Alors que cet épisode de canicule était annoncé depuis 10 jours comme particulièrement intense à partir du jeudi 18 juin, certaines directions n’ont pas senti l’urgence d’agir et dans de nombreux cas les mesures ont tardé à être mises en place. Cette vague de chaleur et le manque de mesures de protection mettent une nouvelle fois en danger les personnels et les élèves et illustrent l’improvisation totale du ministère.

Tout renvoyer à l’échelon local, comme l’a fait le ministre Geffray, entraine encore une fois des inégalités de traitement et laisse la bride large aux directions zélées et/ou incompétentes pour faire ce qu’elles veulent. Dans le second degré, les mesures sont souvent insuffisantes : c’est particulièrement le cas concernant la passation des épreuves orales du baccalauréat, qu’il s’agisse des épreuves anticipées de français ou du grand oral, qui bien souvent, se sont déroulées dans des conditions dangereuses (salles de classe surchauffées et parfois sans la moindre solution de ventilation). Si dans certains cas, on a daigné mettre à disposition des examinateur·rices et des candidat·es de l’eau à des fins d’hydratation, l’organisation s’est fréquemment révélée insuffisante, remettant en cause le principe d’égalité entre élèves et mettant en danger les enseignant·es, amené·es à passer jusqu’à 8 heures par jour dans des conditions inacceptables !

Dans les collèges, des personnels ont relevé plus de 31 degrés dans les salles de classe dès le premier jour sans qu’aucune mesure ne soit prise ni aucune consigne envoyée par la hiérarchie. Dans certains cas, il a fallu attendre la fin du premier jour voire le lendemain pour que des mesures de protection des personnels et des élèves soient effectivement mises en place. Les mobilisations des personnels ont pu faire plier des directions hésitantes pour basculer très vite en cours à distance voire faire suspendre les cours. Toutefois, si la fin des cours approche avec des enjeux maigres à ce jour, certaines directions zélées à Strasbourg et à Mulhouse ont décidé, depuis leur bureaux ventilés et climatisés, de maintenir les personnels sur place dans leurs salles, qui elles ne l’étaient pas, même en l’absence d’élèves afin que les obligations de service soient respectées. Dans de nombreux cas, les réunions de préparation de la rentrée 2026 ne sont pas déprogrammées n’ait été prévu. Pour SUD Education Alsace, il est tout simplement inadmissible de mettre ainsi en danger les personnels.

Dans le premier degré, la situation est tout aussi choquante. Les inspecteur·ices ne répondent en rien aux demandes des personnels qui les alertent des risques liés à l’exposition à la chaleur. Alors que de nombreuses municipalités ont pris la décision de fermer les écoles dans les deux départements, les IEN demandent aux enseignant·es sur place d’improviser des animations pour accueillir les enfants qui ne peuvent pas rester chez eux. Si la continuité du service public est importante, l’école n’est pour autant pas un centre de loisirs à la carte. Si accueil de loisirs il doit y avoir, qu’il soit organisé par les communes, pas par l’Éducation Nationale ! Pire encore, les directeur·ices d’école de Strasbourg ont été sommé·es par certain·es inspecteur·ices de rappeler à l’ordre les personnels qui seraient tenté·es de quitter leur poste en l’absence d’élèves. Certain·es inspecteur·ices zelé·ees font ainsi peser des menaces de retenue sur salaires et d’autres sanctions disciplinaires. Ces menaces sont absolument choquantes et inadmissibles dans un contexte de canicule.

SUD éducation Alsace appelle les personnels à se mobiliser pour défendre leurs droits. La hiérarchie est responsable de notre santé et de notre sécurité sur notre lieu de travail. A nous de lui faire comprendre avec les outils syndicaux : RSST, droit de retrait, grève !